Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

geneviève dormann

  • "Le bal du Dodo" de Geneviève Dormann

    le bal du dodo, geneviève dormann, éditions le grand livre du moisQuatrième de couverture : Le Bal du Dodo est un roman, c’est-à-dire une histoire inventée à partir de lieux, de personnages et de situations qui pourraient être réels. Je l’ai écrit toute seule, à la main sans nègres ni ordinateur, en m’appliquant pou r m’amuser et distraire mes lecteurs. C’est pourquoi ce livre m’a pris du temps.

    L’action se passe, de nos jours, dans une île Maurice ignorée des touristes des clubs de vacances et des hôtels de luxe. Ses personnages évoluent dans une société de plus en plus restreinte et dont on ne parle jamais : 4000 descendants des Français envoyés par le Roi au XVIIIème siècle pour faire de cette Isle de France, alors déserte, l’escale la plus importante sur la route des Indes.

    Le dodo Didus ineptus (Linné) est une sorte de gros dindon, aujourd’hui disparu, décimé par les Hollandais du XVIIème siècle. Le Dodo Club, fondé en 1928, est l’un des plus sélectifs du monde et le Bal du Dodo a lieu tous les 31 décembre.

    Mon avis : Un livre qui m'a fait voyager et rêver à une vie au soleil dans cette île que je ne connaissais que de nom.
    Une histoire qui se lit sans vague, au rythme cool et zen des habitants de l'île. Une histoire de famille comme toutes les histoires de famille et pourtant bien spécifique... C'est ce qui fait le charme de ce genre de roman, c'est qu'on se retrouve toujours un peu dans la vie des héros tout en découvrant et appréciant le récit car il donne envie d'en connaître toujours plus.

    Ma note -> :-))) 

    Des extraits : "- Je ne me rappelle plus la fin mais c'était gratiné. J'avais du chagrin et, en même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de rire, derrière la porte. C'est drôle comme on peut à la fois être très malheureux et avoir envie de rire. Est-ce que ça t'arrive, toi aussi ?
    - Tout le temps, dit Bénie. Je ne peux jamais être ni complètement heureuse, ni complètement malheureuse. Dans le pire des chagrins, j'attrape des fous rires et quand il m'arrive une grande joie, j'ai toujours un peu envie de pleurer. Je me demande si les autres sont comme nous.
    - Je ne crois pas, dit Vivian. Regarde les gens : quand ils rient, ils rient et quand ils pleurent, ils pleurent. On ne doit pas être très normaux.
    - En tout cas, dit Bénie, ce qui est sûr, c'est que si on meurt à l'inverse de ce qu'on a vécu, toi et moi on crèvera en chantant des cantiques." (p.214)

    "Évidemment elle a oublié la liste des achats qu'elle se proposait de faire. Une liste ! La tête de Patrick, le jour où, faisant des courses avec lui, il lui avait demandé en entrant dans le magasin : "Qu'est-ce qu'il te faut, au juste ? As-tu fais ta liste ?" Bénie l'avait regardé, ahurie. C'était bien là un propos d'homme. Est-ce qu'une femme sait précisément ce qu'elle veut en entrant dans un magasin ? Elle avait tenté de lui expliquer que le plaisir qu'on prend dans un magasin n'a rien à voir avec le fait d'y acheter ce dont on a besoin mais qu'il consiste à musarder entre les tentations multiples qu'il offre, en y cédant ici ou là, à s'y laisser séduire au passage, à satisfaire des caprices souvent modestes, nés d'une forme ou d'une couleur. Cela n'a rien à voir avec la logique d'une liste étabvlie à l'avance et dont on raye au fur et à mesure les éléments. C'est un jeu de fantaisie propre à calmer les désarrois et les tristesses vagues qui sont les pires." (p.245)

    "Pas demandé à vivre, vraiment ? Pourtant, tu as gagné Bénie. Tu as été la plus forte, la plus rapide, la plus vive, la plus habile, la plus féroce aussi. Tu n'as pas eu la moindre pitié pour tes concurrents. Avec ta tête en pépin de raisin pointée en avant, tu as foncé vers le nid, obsédée par ton désir de gagner, de vivre, et tant pis pour ceux et celles qui te barraient le chemin. D'un coup de ta petite queue vibrillonante, tu les balayais, tu les envoyais valdinguer, flac contre les rochers, flac dans les trous d'eau et maelströms. Mille fois tu as failli te noyer, te dissoudre, te fracasser, t'engluer, tégarer et mille fois tu es repartie, fonçant vers la vie avec une obstination que tu as conservée, je dois le dire. Alors pleeeeeeease, ne me dis plus jamais que tu n'as pas demandé à venir au monde ! Et ne dis jamais non plus que tu n'as pas de chance, puisque, cette fois-là, tu as gagné la course la plus extraordinaire, la plus périlleuse qui soit !" (p.284 et 285)

    Éditions Le grand Livre du Mois, 1989, 370 pages.

    Je le troc.